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FRANÇAIS

La Ciénaga


Détails de l'événement


Projection du film : La Ciénaga, un film de Lucrecia Martel

CINEMATEK – SALLE LEDOUX

9 rue Baron Horta – 1000 Bruxelles

Vendredi 20/01 à 21h – Billets > ICI

kleur – couleur ⁄ 99′ ⁄ ST – OND: FR – NL / Argentina, Spanje - Espagne, Japan - Japon, Frankrijk - France 2001, Mercedes Morán, Graciela Borges, Martín Adjemián

Aux confins de l’Argentine, deux familles à problèmes dans l’unique ferme de la région – face aux pires ennuis climatiques. Un film d’une grande rigueur, en dépit de son apparente improvisation.

Dans la torpeur subtropicale de février (saison chaude en Argentine), Mecha, son mari inexistant et leurs enfants sont en vacances dans leur maison de campagne, dans la province de Salta. Tali, une cousine, vient les y rejoindre avec ses enfants depuis la ville voisine de La Ciénaga. Il fait chaud, il pleut, l’eau de la piscine est croupie, une vache agonise embourbée dans la vase, les parents boivent, parlent peu, les cousins se draguent plus ou moins entre eux, la bonne éponge quand arrive un problème. Cette famille bourgeoise s’enlise progressivement ou, au mieux, stagne1. L’intrigue est réduite. Plus qu’une intrigue, La ciénaga est une sensation, d’humidité, de malaise, d’étouffement.. Des critiques ont voulu voir dans La ciénaga une métaphore de la crise économique argentine, de l’enlisement et de la décomposition de son pays au du tournant du siècle, mais ce n’est pas l’unique lecture possible.

Le Monde : La Ciénaga Par Jacques Siclier

L’ARRIVÉE, depuis trois ou quatre ans, via les festivals, de films de jeunes cinéastes argentins, a provoqué, en France, une effervescence critique saluant, avec enthousiasme, la naissance d’une  » nouvelle vague  » dans un cinéma qui n’existait plus. Même si cette génération ne se réclame pas des  » anciens « , il aurait été bon de rappeler l’importance qu’eut, dans le cinéma argentin, au cours des années 1950-1960, Leopoldo Torre Nilsson, relayé, de la fin des années 1960 aux années 1980, par des créateurs plus engagés tel Fernando Solanas.
La Ciénaga, premier long métrage de Lucrecia Martel, tourné en 1999, fit donc le tour de quelques festivals avant sa distribution commerciale chez nous, en janvier 2002. L’Argentine était alors plongée dans une grave crise politique et sociale avec émeutes et, bien que Lucrecia Martel n’ait pas fait de déclarations précises à ce sujet, non plus qu’à propos de  » nouvelle vague « , on voulut y voir une métaphore de l’enlisement et de la décomposition de son pays. Or, sur un scénario quelque peu inspiré de souvenirs d’enfance, La Ciénaga relève plutôt du  » roman de famille « .
Dans une région du nord de l’Argentine, où règne une chaleur lourde et suffocante, la maison de campagne de Mecha (Graciela Borges), quinquagénaire alcoolique, qui se blesse au bord de sa piscine, va se trouver envahie par son fils aîné José (Juan Cruz Bordeu), venu de Buenos Aires, sa cousine Tali (Mercedes Moran), avec son mari Rafael (Daniel Valenzuela) et leurs quatre enfants, venus, eux, d’une ville, La Ciénaga, où la Vierge vient d’apparaître à la fille d’une concierge du quartier indien. Le mari de Mecha, Rodrigo (Martin Adjemian), lui-même alcoolique, ne peut se faire obéir de José ni de ses autres enfants. La réunion de tout ce monde disparate et enchevêtré sur les lits ou dans l’unique salle de bains, provoque des tensions, des pulsions d’inceste, d’homosexualité (féminine) et de mort. Le seul personnage sympathique est, en fait, la jeune servante indienne, Isabel (Andrea Lopez).
Dans un climat délétère (humidité, vache périssant embourbée dans un marécage, eau pourrie de la piscine, enfants souffrant d’infirmités), Lucrecia Martel a mis en scène des  » portraits de groupes  » représentant l’agonie d’une classe sociale (les petits-bourgeois), irrémédiablement décadente. Seule, l’Indienne Isabel refuse d’en être victime. Fascinant.

 

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